Funakoshi Sensei

GICHIN FUNAKOSHI (1868 - 1957)

Sa photo est accrochée dans bon nombre de dojos d'Europe pratiquant le Shôtôkan ryù. Son image est associée à celle du karaté moderne. Il a été le premier à diffuser le karaté au centre du Japon et a contribué à le diffuser dans le monde.

Gichin Funakoshi est issu de famille de samouraïs, très attachée à la tradition. Il est né à Okinawa pendant l'ère Meiji, période où le Japon passe de la féodalité à la modernité. L'ancienne période considérait le chigon comme la continuité avec les ancêtres. Lorsqu'une réforme demande de laisser tomber le chignon, Funakoshi s'exécute malgrès ses réticences. Mais cela provoque un conflit familial, sa mère décide de ne plus lui adresser la parole et son père s'indigne qu'un descendant direct des samouraïs trahisse ses ancêtres. Ils mettront un certain temps avant d'accepter cette décision et cette réforme. Il devient instituteur éducateur, expérience qui lui servira plus tard dans l'enseignement du karaté.

Il s'est entraîné dès 12 ans avec les maîtres Itosu et Azato (tous deux disciples de Matsumura le karatéka de légende) à qui il a toujours témoigné beaucoup de respect. A cette époque l'enseignement de l'art du combat se faisait clandestinement dans le jardin en pleine nuit. Gichin Funakoshi répétait les kata sous l'oeil de ses maîtres. Ils étaient d'une exigence rare, Funakoshi pouvait répéter le même kata pendant des heures et recommencer sans cesse jusqu'à l'aube, jusqu'à épuisement et parfois jusqu'à s'évanouir de fatigue. L'apprentissage d'un kata pouvait prendre plusieurs mois ou plusieurs années si le maître considérait qu'il y avait encore du travail à faire pour comprendre l'art. Etant donné que la pratique est clandestine parce qu'interdite par le gouvernement en place, les entraînements se font de nuit, si bien que quand Funakoshi rentrait chez lui à l'aube, les voisins se questionnaient et en déduisaient qu'il fréquentait les quartiers de plaisir.

Lors d'une démonstration en 1922, Funakoshi est convié à représenter l'Okinawa-te (l'art martial d'Okinawa). Jigoro Kano est séduit par cette démonstration et convie Funakoshi à faire une conférence sur le karaté dans son dojo, le Kôdôkan à Tokyo.

Le maître de Judo Jujitsu encourage le maître de karaté âgé de 53 ans à développer son art à Tokyo. Gichin Funokashi s'installe seul sans sa femme et ses enfants à Tokyo pour y diffuser le karaté avec l'accord de ses maîtres. Il démissionne de son poste d'instituteur et vit de petits boulots, son quotidien est difficile et il arrive qu'il ait du mal joindre les deux bouts. Les fins de mois sont difficiles, sa famille est très pauvre et ne peut pas lui apporter de soutien financier.

Les débuts du karaté sont difficiles mais au bout de trois ans, le nombre d'élèves augmente. Le maître décide de changer le nom d'Okinawa-te en Karatédô, la voie de la main vide, plus explicite au Japon. Le 1er Mars 1938, le dojo Shôtôkan est construit, il porte le nom de poésie chinoise de maître. Le karaté intègre les universités comme discipline d'éducation sportive.

 Le Shôtôkan

Gichin Funakoshi continuait de développer sa méthode de combat dans le respect de l'enseignement de ses maîtres. Son fils Yoshitaka a considérablement contribué à faire évoluer l'art du Shôtôkan. Il a introduit des positions plus basses, plus ancrées au sol, il a développé la position du fudo-dachi pour le combat et des déplacements rapides et fluides. Il a aussi permis l'introduction de coups de pieds retournés. Maître Kase qui était l'un de ses élèves disait de lui qu'il était d'une rapidité extraordinaire. Il exécutait les kata comme la véritable expression du combat, avec la même détermination. Yoshitaka, contre l'avis de son père a introduit le combat libre dans son enseignement.

Le karaté s'est fortement développé à cette époque et de nombreux experts ont diffusé l'art du maître Funakoshi à travers le monde. Gichin Funakoshi était contre la compétition, avançant que le combat en budo était le combat à mort. Pour lui, la compétition ne correspondait pas à l'idée du budo.

 Gichin Funakoshi a rédigé les 20 préceptes directeurs du Karaté-dô :

1 - N'oubliez pas que le karaté commence et se termine par le rei (le salut)

2 - En karaté, on ne prends pas l'initiative de l'attaque

3 - Le karaté est au sevrice de l'équité

4 - Apprends déjà à te connaître puis connais les autres

5 - Le mental prime sur la technique

6 - L'esprit doit être libre

7 - Calamité est fille de non vigilance

8 - La pratique du karaté ne saurait se cantonner au seul dojo

9 - Le karaté est la quête d'une vie entière

10 - La Voie du karaté se retrouve en toute chose, et c'est là le secret de sa beauté intrinsèque

11 - Pareil à l'eau en ébullition, le karaté perd son ardeur s'il n'est pas entretenu par une flamme

12 - Ne soyez pas obsédé par la victoire, songez plutôt à ne pas perdre

13 - Ajustez votre position en fonction de l'adversaire

14 - L'issue d'un affrontement dépend de votre manière de gérer les pleins et les vides (forces et faiblesses)

15 - Considérez les mains et les pieds de votre adversaire comme des lames tranchantes

16 - Faites un pas hors de chez vous et ce sont un million d'ennemis qui vous guettent

17 - Le kamae, ou posture d'attente, est destiné aux débutants ; avec l'expérience, on adopte le shizentai (posture naturelle)

18 - Recherchez la perfection en kata, le combat réel est une autre affaire

19 - Sachez distinguer le dur du mou, la contraction de l'extension du corps et sachez moduler la rapidité d'exécution de vos techniques

20 - Vous qui arpentez la Voie, ne laissez jamais votre esprit s'égarer, soyez assidu et habile

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